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Médecin coordonnateur à distance en EHPAD : ce qu'encadre l'arrêté du 21 juillet 2026

OB
Pharmacien titulaire — Captain Pharma · 19 août 2026

Depuis plusieurs années, de nombreux EHPAD peinent à recruter un médecin coordonnateur en présentiel : en 2022, près d'un EHPAD sur deux présentait déjà une carence — totale ou partielle — de médecin coordonnateur (rapport du Sénat n° 536, reprenant les constats de la Cour des comptes). Face à cette pénurie, le décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 avait ouvert la possibilité d'une « télécoordination », sans en fixer les règles précises. C'est désormais chose faite : l'arrêté du 21 juillet 2026, publié au Journal officiel le 25 juillet 2026, fixe les modalités d'exercice dématérialisé des missions de coordination en établissement. Voici ce qu'un directeur ou une IDEC doit en retenir.

Un cadre né d'une pénurie, pas d'un choix d'organisation

Le point de départ est important : le recours au médecin coordonnateur à distance n'est pas un mode d'exercice « par défaut », mais une solution de repli. Il n'est ouvert qu'en cas d'impossibilité de recruter un praticien en présentiel, une fois les démarches de recrutement restées infructueuses. L'esprit du texte, hérité du décret de 2025, est clair : la coordination à distance est temporaire et complémentaire, jamais purement substitutive à une présence humaine dans l'établissement.

Ce que l'arrêté impose concrètement

L'arrêté encadre le dispositif par plusieurs garde-fous :

  • Information préalable de l'ARS. L'Agence régionale de santé doit être notifiée au moins 15 jours avant le début de la mission, l'établissement devant justifier de démarches de recrutement infructueuses.
  • Une présence physique minimale maintenue. Le médecin coordonnateur doit assurer au moins une journée de présence physique par mois dans l'EHPAD, avec une possibilité de lissage sur cinq mois au maximum. La coordination à distance ne fait donc pas disparaître le lien avec le terrain.
  • Une durée plafonnée. Le recours est autorisé pour 12 mois, renouvelable sous conditions, sans excéder une durée totale de 36 mois — l'établissement devant poursuivre, en parallèle, sa recherche d'un praticien sur place.
  • Des exigences techniques. Un logiciel de soins sécurisé et conforme doit permettre l'accès aux dossiers des résidents.
  • Un contrat formel précisant le temps d'activité, les actes de prescription, la confidentialité et la protection des données.

Enfin, le directeur général de l'ARS conserve un pouvoir de contrôle : il peut enjoindre la résiliation du contrat si les conditions ne sont pas respectées.

Ce que cela change pour le circuit du médicament

Pour les équipes soignantes, l'enjeu est double. D'un côté, la télécoordination apporte une réponse pragmatique là où aucun médecin coordonnateur ne peut être recruté. De l'autre, elle déplace une partie de la vigilance : lorsque le médecin coordonnateur n'est pas présent chaque semaine, la sécurisation du circuit du médicament repose plus que jamais sur des process robustes et sur les autres maillons de la chaîne.

C'est précisément là que la préparation des doses à administrer (PDA) et la validation pharmaceutique prennent tout leur sens : validation des ordonnances par un pharmacien, préparation tracée et doublement contrôlée, historique accessible à distance. Autant de filets de sécurité qui ne remplacent pas le médecin coordonnateur, mais qui fiabilisent le quotidien des IDEC et des équipes lorsque la coordination médicale se fait, en partie, à distance — un accompagnement que nous assurons dans le cadre de nos services aux EHPAD.

En résumé

L'arrêté du 21 juillet 2026 ne banalise pas le médecin coordonnateur à distance : il l'encadre strictement, comme une solution transitoire, plafonnée dans le temps, adossée à une présence physique minimale et au contrôle de l'ARS. Pour les établissements concernés, c'est une souplesse bienvenue — à condition de la penser comme un dispositif d'appoint, en renforçant en parallèle la sécurisation de l'ensemble du circuit de soins.

Sources

  • Arrêté du 21 juillet 2026 fixant les modalités d'exercice dématérialisé des missions de coordination en EHPAD (JO du 25 juillet 2026) — Légifrance
  • Décret n° 2025-897 du 4 septembre 2025 relatif aux missions et conditions d'exercice des infirmiers et médecins coordonnateurs en EHPAD — Légifrance
  • Rapport d'information du Sénat n° 536 (2021-2022), « La prise en charge médicale des personnes en Ehpad » — Sénat

Cet article est fourni à titre d'information professionnelle et ne remplace pas un avis médical individualisé. Toute adaptation de traitement relève de la prescription et de la validation médicale.

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